Chroniques de la conquête de la lune

Anecdotes, faits marquants et curiosités de la conquête lunaire


Les malheurs de Ham
Le Jeudi 01 Septembre 2005 à 10:14

HamJe vous présente Ham.

Ham est le dernier animal américain à être allé faire un tour dans l'espace avant Allan Shepard, premier américain à avoir gouté l'apesanteur.

Ce n'est pas le premier animal, non... Les Américains avaient déjà envoyé multitude d'animaux pour voir si un vertébré pouvait vivre dans l'espace, principalement des porcs et des singes.

Nous sommes le 31 janvier 1961. La lutte est féroce entre l'URSS et les USA: tout le monde se demande qu va bien pouvoir envoyer le premier un homme dans l'espace.

La NASA, après avoir douté un peu, décide de faire un ultime test avec un animal... La fusée Redstone, qui propulsait la capsule Mercury, avait encore quelques tendances à exploser, dévier, s'écrouler...

Allan Shepard a les boules: il pense que l'URSS, elle, est prête (il n'avait pas tord: Gagarine s'envolera pour l'espace le 12 avril, alors qu'il ne partira "que" le 5 mai).

L'animal envoyé s'appelle Ham. Enfin initialement Chang, mais ce nom aurait pu heurter la communauté chinoise de l'époque. Pour la NASA, il s'appelait officiellement "Sujet animal 65", beaucoup moins poétique.

Ham était dressé à manipuler des leviers: lorsqu'il réussit, il avait un morceau de banane. Lorsqu'il échouait, il avait une petite décharge électrique.

Pas de bol: le système de test buggue, et Ham se chope des décharges, réponse bonne ou pas. Après son vol suborbital, la capsule retrouve la mer, mais un problème d'étanchéité fait que la capsule se rempli d'eau, Ham est à la limite de se noyer.

Ce que les médias de l'époque n'ont pas rapportés, c'est que lorsqu'on a ouvert la capsule, Ham a foutu une baffe au premier technicien qui s'est approché de lui. Genre "tiens ca vous apprendra à faire votre boulot".

Par contre, devant les caméras, on a récompensé Ham en lui offrant une pomme.

Mission a moitié réussie: on peut maintenant envoyer un homme dans l'espace.



Ils ont pensé à tout sauf...
Le Jeudi 01 Septembre 2005 à 10:53

5 mai 1961.

Allan Shepard est prêt à s'envoler... Dans quelques instants il sera le premier américain dans l'espace.

Voila maintenant des années et des années qu'on prépare cette mission. Tout a été testé, vérifié, controlé, validé par les plus grands ingénieurs, médecins, physiciens et astrophysiciens que compte les Etats Unis. 

Le vol est prévu pour durer 15 minutes. Tout juste le temps de décoller, de caresser l'espace quelques secondes et de retomber. Une mission ultra courte donc.

Oui mais voila. Le compte a rebours dure, s'arrette, repart, s'arrette à nouveau... Shepard doit attendre 3 heures, contrairement à ce que prévoyait le plan de vol initial.

Et au bout de trois heures, Shepard prononce la phrase que personne n'a jamais imaginé entendre: "J'ai envie de pisser".

Capcom(1) demande à ce que le message soit répété.

Pas de doute: Shepard a envie de pisser. Rien n'a été pensé pour ce cas de figure. Impossible pour Shepard de sortir: cela entrainerait l'abandon pur et simple de la mission. Un quart d'heure lui est demandé afin de réfléchir à la situation.

La question est: "Shepard a-t-il le droit d'uriner dans sa combinaison?"

Des milliards de dollar ont jusque la été dépensé. Et on en est dans une situation venue d'un autre monde: "a t il le droit de se pisser dessus?"

Après une discution mouvementée, Les médecins et les ingénieurs se sont mis d'accords: la combinaison étant suffisamment ventilée, l'urine sechera très vite. Les capteurs posés sur le corps de s'astronaute doivent néanmoins etre débranchés afin d'éviter tout risque de court circuit.

D'où, finalement, la phrase remarquable émanant de Capcom: "Liberty seven(2), vous etes go(3) pour vous soulager".

 

(1): Capcom est le terme désignant la personne chargée de communiquer avec l'astronaute.
(2): Liberty seven est le nom, donné par Shepard à sa capsule Mercury. Seven ne correspondant pas au numéro de la mission (qui est mercury-redstone3) mais au nombre des premiers astronautes de l'époque.
(3): Tout manoeuvre doit avoir l'aval de Houston. La manoeuvre peut etre effectuée: 'go'. Elle sera sinon 'no go'



une facture de 417.421 dollars de remorquage...
Le Jeudi 01 Septembre 2005 à 18:43

Ceux qui ont vu le film Apollo 13 connaissent son histoire: le module de commande (en gros, ce qui reste de la fusée une fois dans l'espace) est tombé en panne, suite à un court circuit. Les astronautes ont donc rejoint la terre uniquement à l'aide du LEM, qui n'est à l'origine conçu qu'uniquement pour descendre sur la lune. Mais l'équipage avait encore besoin du module de commande, principalement pour en pomper le peu d'electricité qu'il restait. Le LEM a donc promené sur des dizaines de milliers de kilomètre une épave.

Une fois les astronautes revenus sur terre, la société Grumann (qui fabriquait le LEM) a envoyé une facture à North American Rockwell, fabricant du module de commande.

Facture n°70-417:
Frais de remorquage dans l'espace.
Fourniture d'oxygène, d'electricité.
Hébergement de 3 personnes.

Total: 417.421,74 $

Bien qu'étant une plaisanterie, North American Rockwell n'a pas du tout apprécié...



 
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Description:
La lune ne s'est pas conquise en un jour... A côté des sommes astronomiques, des procédures ultra développées par la NASA, se sont passés quelques moments amusants, tragiques, curieux,...


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