K-mille pas loin de la Barack blanche

a.k.a. Bash Budweiser Palin, Ph.D.


K-mille pas loin de la Barack blanche

Description:
Ma vie de post doc outre-Atlantique, après ma thèse franco-américaine.


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p'tite liste + achtuche qwerty
Le Lundi 26 Juillet 2010 à 07:28

bon alors une petite liste de ce qui va arriver par ici quand je serai retournée m'ennuyer à mon bureau.

En ce moment je suis en déplacement chez mon ancien chef, on bosse, j'arrive au bureau à l'heure à laquelle habituellement mon réveil sonne (donc en moyenne, 1h avant mon lever effectif), pas question de faire ça maintenant.

Donc, la liste en question :

- pourquoi je déteste mon boulot actuel, malgré le nombre d'avantages en tous genres qu'il apporte (attention, ce sera un billet très orienté "condition de chercheur")
- comme ça faisait longtemps que je ne vous avais pas raconté mes péripéties en avion, j'ai un petit Paris-Chicago ainsi qu'un Denver-Des Moines qui valent leur pesant de 1 et de 0
- le programme de mon mois d'août, rien que d'y penser ça me fait déjà flipper ma mère
- le programme de la suite, ou plutôt le fait que je plonge un peu dans l'inconnue
- pourquoi pas, diverses petites anecdotes de mon post doc aux US

Voilaaaa ! Y a plus qu'à écrire tout ça. Mais là je suis sur mon Mac, qui a un clavier qwerty, et ça me gonfle de devoir taper sur 3 touches à chaque fois que je veux mettre un accent sur une lettre*. Mon PC du bureau a également un clavier qwerty me direz-vous. Oui, mais il est sous Linux, donc j'ai remappé les touches avec xmodmap, chose que je ne sais pas comment faire avec le Mac.

J'ai mis des combinaisons sympa pour accéder aux lettres accentuées en utilisant la touche AltGr. Par exemple, AltGr + e vous donne é. AltGR + R vous donne È (pratique parce que R est à côté de E, et que AltGr + E c'était déjà pris par É).

À l'usage, je me suis rendu compte que c'était (une fois qu'on s'y est habitué) plus rapide qu'un clavier azerty pour taper en français : en effet, plus besoin d'aller chercher les lettres avec accents sur la rangée du haut (la 5eme rangée). Les doigts s'occupent de 3 rangées, plus les pouces qui s'occupent de la rangée du bas (celle avec la barre d'espace et l'indispensable AltGr). La fameuse touche AltGr est très rapide d'accès, et n'interfère quasiment pas avec l'usage de l'autre touche importante de cette rangée, la barre d'espace : en effet, j'utilise souvent le pouce gauche pour la barre d'espace et le pouce droit pour AltGr.

Du coup, plus besoin de combinaisons bizarres pour les touches { | et autres [ (si, on les utilise beaucoup, en tout cas en informatique et en rédaction de trucs avec LaTeX). Mais bon, je rentre en France, j'aurai un clavier azerty (et toujours le qwerty sur mon Mac). J'ai rédigé quelque chose comme 70% de ma these comme ça**, c'était plutôt confortable.

 

* : Les trolleurs me diront qu'en tant qu'utilisatrice de Emacs, ça ne devrait pas me déranger. Je ne prendrai même pas la peine de leur répondre ;-)

** : Mon directeur de these nous demande de faire 150 pages. J'ai fait 154 pages avec une police 10 et des marges minuscules***. Une collegue a fait 158 pages avec une police 13 et les marges par défaut de la classe books (donc monstrueuses). Un collegue a fait 152 pages avec les mêmes marges et une police 14. Un autre collègue, ayant un autre directeur de these, a fait 180 pages avec une police 14, les marges par défaut et un double interligne. Le maître de conf' du bureau d'en face frimait avec des 225 pages, nous étions admiratifs genre "ouah t'as vu celle de J. comment elle est grosse !". J'ai compilé ma these avec sa feuille de style (classe books par défaut), j'ai exactement le même nombre de pages que lui. Oui, on avait des considérations de la plus haute importance, avec les autres galériens en fin de thèse.

*** : en fait j'ai repris la feuille de style de Romz, sauf que moi je n'ai pas 5 cm avant et après chaque titre de section et de sous-section, ni entre deux paragraphes.



Candidatures : partie 3 (résultats et épilogue)
Le Lundi 12 Juillet 2010 à 22:33
Voici ce qui devrait constituer la fin de la grande saga de l'été, la suite de ce billet sur les auditions auxquelles j'ai participé pour candidater à des postes de maître de conférence (avec ou sans 's', je ne sais toujours pas).

Il y a plusieurs étapes dans l'annonce des résulats.

La première : le résultat officieux. Dans certains cas votre contact vous le communique tout simplement (ça a éte mon cas pour l'un de ces postes). Parfois c'est affiché sur le site du laboratoire qui recrute. Des fois on ne sait pas d'où sort l'info, mais elle est mise sur un site spécialisé.

Ce résultat est officieux : il s'agit d'une proposition de classement, qui doit être confirmé ou infirmé par le conseil d'administration de l'université. Donc la deuxième étape est ce passage en conseil d'administration. Ici encore, les résultats ne sont pas vraiment affichés, pour les connaitre il faut passer par les même canaux que pour l'étape précédente.

Troisième étape : publication des résultats, enfin ! Sur le site du ministère on peut voir les postes où on a candidaté, le classement sur chacun, et formuler des voeux. C'est-à-dire classer ces postes par ordre de préférence. Pour cette étape on a seulement 8 jours, c'était quelque chose comme du 11 au 18 juin.

J'ai été classée 1ere sur un poste (mon premier choix, ça tombe bien), 2eme sur un autre et 4eme sur le troisième. Plutôt pas mal, sachant que j'avais candidaté à 5 endroits, je n'ai pas été auditionnée sur un poste, j'ai renoncé à un autre, donc j'ai été classée sur les 3 postes pour lesquels j'ai été auditionnée.

J'ai également reçu une proposition de recrutement sur l'autre établissement où j'avais candidaté, et c'est vraiment à contrecoeur que j'ai refusé le poste, surtout pour les gens là-bas. Mais il y a des raisons "professionnelles" qui ont fait pencher la balance d'un côté en particulier.

Le 23 juin, attention roulement de tambour, affichage des affectations...

C'est le moment où des centaines de candidats (voire des milliers, vu que c'est toutes sections confondues) ouvrent leur navigateur Internet avec fébrilité à 10h, heure française, pour consulter le site du ministère, qui par chance n'était quasiment pas écroulé (les webmasters ayant pris le soin de fermer certaines parties du site pour limiter la charge, évidemment des parties importantes comme les coordonnées des établissements d'affectation à contacter...)

"Mlle K-mille Proutprout, vous êtes affectée en tant que maître de conférences (eux ils mettent un 's'), section XX, établissement Université XXXXX"

Voilàààààà !

J'ai un poste \o/

Je passe du status de "galérienne CDD/vacataire/expatriée" à celui de nantie qui a un poste à vie. Enfin pour le "à vie" ce sera, je l'espère, pour dans un an, car comme tous les fonctionnaires j'aura le status de stagiaire la première année, et moyennant validation par la commission de spécialistes je devrais, je l'espère, être titularisée dans un an.

Je prends mon poste le 1er septembre, d'ici là je continue d'amasser du pognon aux US jusqu'au 15 août (parce que mine de rien, après passage des impôts et conversion $->E, je perds 200E par mois de salaire).



Candidatures : partie 2 (réponses suite à la phase 1)
Le Lundi 12 Juillet 2010 à 22:13

Bon alors voici la suite du billet précédent.

Une fois tous les dossiers envoyés et reçus dans les universités qui proposent des postes ouverts au recrutement, des commissions de spécialistes (ou un truc comme ça, le nom a changé récemment) se réunissent et "jugent" les dossiers. Ils en selectionnent un certain nombre qu'ils jugent intéressants, et convoquent les candidats pour audition.

J'ai donc été convoquée pour audition dans 4 des 5 établissements où j'ai candidaté. Il fallait donc que je sois en France.

Ça tombait drôlement bien, les auditions ont lieu dans le courant du mois de mai, et mon visa expirant le 14 mai je devais me rendre à Paris pour le renouveler (bon en fait je n'étais pas obligée, je pouvais changer de status sans quitter le territoire, mais ça m'a fait une bonne excuse à faire avaler a mon chef).

Donc hop, je prends tous les congés durement accumulés ces 6 derniers mois, soit 12 jours, je grignotte un peu en prenant 3 semaines donc 15 jours ouvrables, et mon chef n'a pas besoin de savoir que je cherche à changer de boulot.

Sur certains postes, mes contacts dans les équipes m'ont donné quelques indications et ont jeté un oeil à ma présentation avant le jour J. J'ai également eu encore une fois au teléphone le contact enseignement d'un poste, à 2h30 du matin, argh merci le décalage horaire...

Donc arrivée en France 2 jours avant la première audition, décalage horaire à gérer... Je me réveille à 5h du matin pour la première audition, tant mieux comme ça je pars à 7h histoire de passer avant tout le monde dans la circulation... Puis réveil à minuit (couchée à 17h) pour la deuxième, tant mieux je devais prendre le train à 4h...

Dans un TGV je me suis retrouvée à côté d'une nana qui allait visiblement faire la même chose que moi, mais en physique. J'avais un peu envie de me marrer : elle avait écrit son texte sur une feuille, et elle l'apprenait par coeur ! Il y avait marqué : "diapo 1 : Bonjour, je m'appelle Lindsay Lohan*, je suis post-doctorante à tel endroit...". Bon je n'ai rien dit parce qu'elle devait déjà être assez stressée comme ça.

Au niveau des auditions elles-mêmes, les 3 ont été très différentes. Déjà le temps imparti. On m'avait toujours dit que traditionnellement, c'etait 8 minutes de présentation puis 2 minutes de questions. J'ai eu 15+5 et 30+15. La teneur des questions posées était différente. Sur une audition on m'a surtout parlé de mon intégration dans l'équipe ; sur une autre ça a tourné à la discussion technique ; sur la troisième il n'y a pas eu grand chose (mauvais signe, pourtant au final j'ai été classée 2ème).

Les résultats officieux tombent au fur et à mesure, plutôt pas mauvais pour moi, car je suis classée à la première place sur le poste qui m'intéresse le plus. Pour diverses raisons je suis allée à presque toutes les auditions. Il n'y en a qu'une où je ne suis pas allée.

La suite... au prochain épisode :D

 * : le nom de la malheureuse a bien entendu été modifié :D



Candidatures : partie 1 (constitution et envoi des dossiers)
Le Lundi 12 Juillet 2010 à 21:42
ouh là, ça faisait longtemps que je n'avais rien posté par ici...

Encore une fois, parce qu'en ce moment il faut que je sois discrète. Enfin là c'est (relativement) fini. Disons que la période parano "je verrouille tout et je ne laisse aucune info passer, des fois que ce soit compromettant" est passée.

Comme expliqué dans le billet précédent (qui date du mois de mars, oui quand même) Google avait un peu trop bien référencé quelques infos données ici même, donc j'ai décidé d'être discrète (d'où non-continuité dans la productivité de billets sur ce blog, ah ah ah la blague pourrie de matheuse).

J'avais parlé ici des tribulations de mon dossier de qualification, précieux sésame donnant le droit de candidater à un poste de maitre de conférence (avec ou sans 's' à la fin, je ne sais jamais).

Une fois les 137 postes publiés, j'ai fait un choix de 5 postes sur lesquels j'ai candidaté. Plus un autre poste dans un établissement dont la procédure est "à part" car dépendant d'un autre ministère que celui de l'enseignement supérieur de de la recherche (youpi Valérie).

J'ai rassemblé un dossier de 21 pages, contenant un CV "détaillé" sur 3 pages (très différent du CV traditionnel pour travailler dans l'industrie) et tout un tas de trucs où je raconte ma vie, mon oeuvre et mes projets d'avenir. Sans oublier la liste de publications en tous genre, le but étant de bien montrer que j'ai la plus longue. Des gens m'ont fait de gentilles lettres de recommandation, qu'ils ont envoyées directement ou que j'ai jointes à mon dossier (mention spéciale à celui qui l'a envoyée à 17 personnes...).

J'ai imprimé toutes les fiches de postes, agrafé le tout et pris des notes sur chacun. J'ai rédigé plusieurs projets de recherche et plusieurs projets d'enseignement, suivant les spécificités de l'équipe, suivant si l'enseignement allait se faire à la fac, en IUT, en école d'ingénieur...

À chaque poste correspond deux personnes à contacter : un contact recherche et un contact enseignement. J'ai donc envoyé une dizaine de mails très formels et très cordiaux, y compris à des gens que je connais moins formellement (quand on a picolé en conf ensemble ça fait bizarre de s'adresser à quelqu'un en disant "Monsieur" et de finir par "Veuillez recevoir, Monsieur, l'expression de mes sentiments les meilleurs").

Là où ça commence à être bon signe, c'est quand les gens répondent et proposent d'aider à rédiger le projet de recherche. Qu'ils donnent des indications, des projets qui se montent dans leurs équipes... Qu'ils parlent de vous avec le contact enseignement... Que les gens prennent la peine de vous téléphoner quand vous êtes disponible, même s'il est 21h en France...

J'ai fait imprimer tout ça chez l'imprimeur en face de mon boulot, où on me connait maintenant très bien... 5 postes x 3 exemplaires à envoyer = 15 exemplaires à tirer. Ça m'a couté une cinquantaine de dollars. Ils ont eu la gentillesse de faire des tirages groupés, c'est a dire, au lieu de mettre 15 fois la première feuille, puis 15 fois la deuxième feuille... ils ont mis le premier dossier, puis le deuxième, etc. Surtout que les contenus des dossiers étant différents pour chaque poste, je me serais bien amusée (mais je me suis quand même amusée, vous allez voir).

Ils ont également eu la gentillesse de mettre une feuille rose-orange pour séparer les tirages, feuilles que j'ai gardées pour la suite.

J'ai dû notamment faire des copies de mes rapports de thèse. Rapports dont je ne dispose pas de version numérique. Donc je me pointe avec les papiers en A4, format totalement inconnu ici... Et j'explique que ce n'est pas grave si le format n'est pas le même, du moment que le texte n'est pas coupé, sortez-moi ça en letter et ce sera très bien. Petite note explicative : le format letter est un peu plus large et moins haute que le A4. Il existe aussi le format legal, qui est aussi large que le A4 mais beaucoup plus haut. Évidemment, ils m'ont sorti ça en legal. Je ne sais plus trop si ils l'ont coupé ou si je leur ai demandé de le refaire...

Ensuite, on continue de s'amuser. Dans chaque dossier, il également fallait mettre la déclaration de candidature (générée après inscription sur le site du ministère), photocopie d'une pièce d'identité, copie du diplôme de doctorat et donc également des rapports de thèse (les 2 rapports sur le manuscrit et le rapport de soutenance).

Je me suis donc amusée comme une petite folle à tout bien mettre ce qui allait avec quoi, sans se tromper de déclaration de candidature (ça la foutrait mal de mettre la déclaration de candidature pour la fac A avec le dossier pour la fac B et d'envoyer ça à la fac C).

Puis j'ai donc posté tout ça, ça m'a coûté dans les 75$ si je me souviens bien. Le mec de la poste à l'université commence lui aussi à me connaitre : je viens le voir tous les 3 mois mais à chaque fois c'est avec plein de grandes enveloppes et ça me coûte un bras.

Bon ce billet est déjà long, je vais mettre la suite dans un autre. À suivre donc.


L'Iowa say le bien
Le Vendredi 19 Mars 2010 à 18:32

Hello tout le monde,

ça fait pas mal de temps que je n'ai pas écrit ici. Je suis assez occupée par les candidatures que j'envoie, pas vraiment des trucs à raconter par ici, déjà que Google a "un peu trop bien" référencé le sujet précédent sur la qualification.

drapoooooo 

Bon, je vous avais promis de vous dire des trucs sur l'État où j'habite depuis maintenant 4 mois et qui est assez particulier car cool. C'est un petit état a priori rural du MidWest comptant seulement 3 millions d'habitants. Il faisait partie du nord de ce qu'on appelait la Louisiane sous Napoléon, d'où très forte ressemblance de son drapeau avec le drapeau Français et des noms de villes souvent français : Des Moines, Marseilles (avec un s)...

Je dis a priori rural, parce qu'il y a environ 3 villes, plutôt universitaires, et le reste... c'est des champs. Sinon c'est un état considéré comme plutôt riche, bien que le revenu moyen soit dans la moyenne nationale. Par contre, les métiers sont des "vieux métiers", donc la crise... pas vraiment vue.

Ce petit état de 3 millions d'habitants donc, place tous les ans 2 universités publiques dans le top 75 : Iowa State University et University of Iowa. Au niveau des résultats en fin de lycée, le SAT, l'Iowa est quasiment toujours dans les 3 meilleurs états. Et Ames, la ville où j'habite, est toujours la ville avec les meilleurs résultats de l'état. Sans compter la présence, tous les ans, de lycéens de l'Iowa dans les phases finales (demi-finale ou finale) des olympiades nationales de maths, physique, etc.

Par ailleurs, au niveau de ce qu'on appelle les droits civiques et la lutte contre les discriminations, c'est un état très avancé :
- abolition de l'esclavage en 1839, avant la guerre de sécession
- abrogation de la loi interdisant les mariages mixtes en 1851, un siècle avant que ce soit fait au niveau fédéral
- en 1873 interdiction des discriminations raciales dans les lieux publics, près de 90 ans avant Martin Luther King Jr...
- admission d'étudiants sans discrimination de sexe en 1851 à l'University of Iowa, qui fut la première université publique à le faire
- autorisation donnée aux femmes d'être juristes en 1869
- le droit de vote n'a été donné aux femmes qu'en 1920 avec la ratification du 19eme amendement dans le mois qui a suivi sa publication, malgré des tentatives à partir de 1870
- avortement légal et subventionné par l'état en cas d'inceste ou de viol
- mariage entre personnes de même sexe autorisé depuis 2009, soit le troisième état à le permettre
- pas de peine de mort, abolie en 1965 après une dernière exécution en 1962
- ils sont très engagés sur les énergies renouvelables et le respect de l'environnement : essence à l'éthanol subventionnée par l'état, beaucoup de recherches sur la question, un parc d'éoliennes déjà important et en expansion...

Voilà, donc pour résumer : c'est très libéral.

Bon, sinon les gens, ça reste des Américains. Un peu plus évolués que les rednecks du Sud profond par contre.

Mes collègues sont tous contre la vente libre des armes à feu et n'hésitent pas à le dire, contre la peine de mort et contre la pénalisation de l'avortement.

Par contre, il reste la question de la religion. Je ne compte même plus les références que les gens m'ont sorties à propos de leur église, ni les questions. Il y en a cependant qui m'ont un peu choquée.

Dans l'idée, parler librement de la religion peut se concevoir si ce n'est qu'une information comme une autre. Seulement, en pratique, tout le monde n'est pas totalement détendu à propos de certaines religions en particulier. Mon chef fait un blocage sur l'Islam. Il est persuadé que ce sont tous des dingues lapideurs de femmes et brûleurs de voitures et que la France est en train d'être envahie. J'ai aussi dû lui expliquer que non, tous les banlieusards ne sont pas Musulmans, par exemple, heu... moi.

Une collègue Russe m'a demandé, non pas de quelle religion je suis proche, qui est une question ouverte, mais elle m'a demandé explicitement si j'étais Juive. Ça, ca pue l'antisémitisme à plein nez : les Russes n'ont pas la réputation d'être particulièrement tolérants envers le Judaïsme, surtout quand ils ne sont pas Juifs eux-mêmes... Surtout qu'après ma réponse négative elle m'a invitée à son église. Ouf, je suis donc fréquentable à ses yeux.

Dans un contexte culturel Français elle se serait énergiquement faite envoyer paître, mais là ça m'a mise franchement mal à l'aise. En France en ne posant pas ce genre de questions on ne laisse pas d'ouverture à l'expression aussi explicite de ce genre d'intolérance. Là, le fait qu'il soit normal et acceptable de parler religion avec ses collègues, ça me parait être la porte ouverte à des comportements inacceptables.



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