Mon absence a été très longue, je l'avoue, mais vous allez comprendre pourquoi avec ce qui va suivre. Cet article que j'ai trouvé dans un quotidien de ma région résume parfaitement ce que j'ai pu vivre ces trois dernières années. Je me suis en effet engagée dans des classes préparatoires aux grandes écoles vétérinaires. Le concours se prépare désormais en deux ans (de galère). N'ayant pas réussi à avoir le concours du premier coup j'ai refais une année pour retenter le coup mais ce fut à nouveau un échec... Voyez un peu vous même:
"Sinistres prépas...
Bien qu'en France on soit convaincu de possèder le meilleur creuset de formation du monde, les classes préparatoires peuvent encore être assimilées à des unités spéciales anti-valeurs. Ces filières, dans un brillant système d'enseignement, représentent pourtant la plus formidable à décerveler des temps modernes.
Il suffit de placer, après son bac, un adolescent doué et ambitieux dans une thurne adéquate en lui faisant miroiter pour plus tard des galons de PDG. Dès lors qu'il possède les capcités à suporter les maths abstraites et le goût pour le travail encadré, son avilissement est programmé à la carte. Avec la bénédiction du système social tout entier, puisqu'on veut obtenir des élites, tout y est donc permis. Durant ces quelques années d'enfermement, le jeune est plongé dans un monde cannibale.
Dans cet univers d'agitateurs de neurones, le climat de compétition et la concurrence acharnée frôlent l'hystérie. Onze à treize heures de travail par jour, une angoisse corosive et tenaillante, une peur maladive du ratage qui tient au ventre, des nuits blanches absurdes, bref, un bagne dont on ne s'échappe qu'en s'exténuant au travail.
Deux ou trois années de vie affective, sportive, relationnelle, complètement perdues ou piétinées, même si on y inculque une méthode de travail qui sert toute la vie. C'est un véritable tunnel psychologique, physiologique, moral et spirituel. Il faut apprendre ou périr, apprendre jusqu'à l'épuisement, apprendre ou s'exiler, ou fuir, ou se détester.
Le jeune est infantilisé, soumis à la pire directivé, conduit comme un mouton, à l'abattoire des épreuves de fin d'année. Voilà la condition des grands potaches de la modernité. C'est le bilan aride de ces mois de préparations intensives qui débouchent (peut être) sur l'entrée aux grandes écoles.
Tant pis si ces "bêtes à concours" sortent à moitié titubantes, mutilées ou infirmes, surtout si elles échouent, de ces batteries de surgavage où l'unique finalité réside dans l'art de se battre à mort contre autrui pour décrocher une bonne place dans un site prestigieux. Là où l'orgueil du pays s'étale et se délecte, là où l'on continuera de secréter dans un moule trop parfait des premiers de la classe coupés des autres, des dirigeants "je sait tout" qui parleront toujours avant d'écouter et décreteront des changements avant de les expliquer.
A quoi bon?" -fin de citation-
Je vous met donc en garde lycéens et lyéennes brillants: réfléchissez avant de sauter...!